Jeudi 15 mai 2008

Quatre-vingt.

Il y a des nombres comme ça qui apparaissent comme des signes. Ce nombre je le relie à un prénom qui lui est aussi un signe. Je réalise seulement maintenant que chacun de ces signes sans aucune logique apparente me renvoie du passé au présent et inversement.

Quatre fois vingt.

Octante.

Mon passé mes souvenirs.

Mon présent mon avenir.

Je sibylline et le blog se prête bien à ma vie des mystères mais heureusement il y a des petits trous dans les plinthes par lesquels mon petit museau de souris peut dire sans se cacher des chats qui pourraient la croquer. Et là où passe la tête tout passe…alors les mots d’Asl& s’effacent et je peux dire le bordel dans ma tête sans prendre celle de l’autre.

Par exemple si je prends une définition de mots croisés et que je la remplace par « ma » définition : j’en ai mangé hier soir…A moins d’avoir partagé mon repas, personne ne trouvera. Mais comme j’ai mangé seule, ça ne peut plus relever que du hasard. Le hasard d’une personne qui aurait mangé la même chose que moi. Je dis ça puisque moi à cette question, sans indice, sans rien mais pour dire quand même une réponse…je répondrais ce que « moi » j’ai mangé hier soir.

Enfin il y a le hasard tout court aussi mais si c’est toute une grille de mots croisés à remplir…quoique…Il y ait aussi l’intuition celle qui fait se mettre à la place de l’autre. Encore faudrait-il savoir un peu qui je suis.

Je ne donnerai aucun indice, les chats de nos temps sont de plus en plus intelligents.

Quatre-dix.

Carré.

Cartes à jouer les nuits d’été. Les dés aussi. Monopoly…j’ai toujours voulu les quatre gares, 20 000…80 000…lieues sous les mers. Michel Strogoff. Les yeux brûlés. 80 : département de la Somme. Le Crotoy. Amiens. Une cathédrale.

Quatre-cinq.

Quatre sans cinq ne valent rien. Mille bornes…Bon ! J’arrête sinon je n’aurais pas assez de l’espace de tous les blogs de la planète pour décliner mes conjugaisons de chiffres et de nombres…

Bon courage…

par LTDS publié dans : LesTempsDuSigne
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Lundi 12 mai 2008

 

Asl& des brumes comptait les jours entre les dunes et les vagues, ses cheveux balayés par l’onde salée comme une épousée du vent, s’échappaient derrière elle en une longue traîne de sable d’or et d’argent.

Elle comptait sans vraiment compter, elle égrenait les souvenirs de tous les matins marchant entre terre et mer quand la lumière se faisait brumes comme dans ce matin perdu sans âge.

Les lèvres humides de la mer, elle avançait le long du temps.

Les larmes de la nuit s’étaient envolées une à une, à chaque pas retournant au ciel de la lune et sur son sourire se dessinait le baiser secret de l’arbre qui l’unirait à celle qui l’attendait.

Elle rêvait le cœur battant, l’amour la soulevait, ses pieds quittaient le sol tandis que l’air gonflait sa robe légère.

Au loin se détachait un voilier blanc miroir de son âme et ce fut dans cette peinture marine que prirent naissance les premières lueurs chaudes de l’été.

Le souffle du vent sur sa peau frissonnait, l’appel du goût du sel brûlant dans la bouche se faisait de plus en plus intense, elle se sentait prête à boire toute la mer s’il le fallait pour atteindre le voilier blanc qui la guiderait jusqu’à l’île de sous les vents.

La pointe de ses orteils effleura le sable humide, elle ôta le dernier fil à l’habit gonflé du vent des souvenirs…alors dans le ciel, la dernière trace du passé s’envola robe cerf-volant libre de toute attache.

Puis elle se mit à marcher les yeux dans le soleil pour se laisser porter par la première vague capable de l’emporter et de nager son être à la douceur de la liberté retrouvée.

L’eau glissait le long de ses bras, de sa peau, ses deux jambes serrées ondulaient tout son corps…ses narines se pincèrent et comme sous l’appel d’une sirène elle disparut au fin fond de la mer.

 

 

par LTDS publié dans : Le Signe.
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Mercredi 7 mai 2008

Elle marchait pieds nus, ses sabots définitivement laissés à la frontière de ses deux pays imaginaires, l’Aslétie à l’ouest et la Lapécacolodie à l’est, d’ailleurs ces points cardinaux pour elle n’avaient été que des leurres, des pièges à malheur. La seule direction à prendre dorénavant était celle qui partait des profondeurs de son cœur, en spirale ressort pour atteindre le bonheur et même si cela risquait d’être long et que le fil pouvait comme un diable retourner dans sa boîte. La boîte avait enfin un couvercle …qui s’ouvrait nord sud et se refermait sud sud.

 

Ce jour-là, dans cette clairière, il y avait un arbre qui s’appelait l’arbre aux baisers, tous ceux qui étaient passés par cet endroit avaient posé leurs lèvres sur l’écorce lisse, certains plusieurs fois car la vie c’est aussi un labyrinthe dans lequel parfois on est obligé de revenir sur ses pas.

Asl& connaissait le secret, bien qu’ayant été déchue de la divinité, elle en avait gardé la mémoire définitive, c’est tout ce qu’il lui restait et c’était déjà beaucoup. Alors ses doigts commencèrent à caresser chaque trace de baiser, jusqu’à trouver sous la pulpe, cette chaleur, cet endroit de l’arbre d’où s’échappe le souffle. Son front perlait d’une goutte de rosée, oserait-elle ou n’oserait-elle jamais ? Et si elle avait mal compris…Et si elle avait tout inventé de ces myriades d’étrangetés qui peuplaient son esprit. Elle songea à sa mère la déesse Péris qui lui avait confié toutes ces choses qu’humainement il était impossible de connaître…sauf de la folie ou de l’amour fou qui faisait d’une termitière le mont Olympe.

Elle regardait encore et encore l’empreinte du baiser et de le fixer si intensément sous son œil battant, les lèvres se mirent à bouger en murmurant un tendre appel si doux, si lointain et si proche d’être à comprendre pour toujours.

Asl& leva les yeux au ciel pour confier à un nuage qui passait tout ce qu’elle ressentait dans son corps et dans son être en cet instant. Alors il se mit à pleuvoir le reste des brumes de l’Océan. Ce n’étaient plus des larmes, en tous cas plus les siennes qui baignaient son visage, elle passa la langue autour de sa bouche, et ce n’était plus non plus le goût de sa tristesse.

La pluie glissait le long de son corps comme le long du tronc de l’arbre.

Elle écarta les bras et sous chacune de ses mains se dessina une petite flaque, une à l’est, une à l’ouest mais elle ne se pencha sur aucune  pour savoir dans laquelle elle serait la plus belle.

 

La  pluie ne put éteindre le fil qui partait de son cœur jusqu’à la charge de désir qui explosa lorsque le soleil fut revenu et qu’un arc-en-ciel sur l’arbre apparut.

 

Et sur ses lèvres elle posa les siennes.

 

par LTDS publié dans : Le Signe.
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Dimanche 4 mai 2008

Et soudain l’envie d’écrire resurgit laissant de côté les vieux fagots de maux qui embrasèrent mes tristes mots d’hier couchés sur du papier jauni et déjà à moitié effacés de mes yeux tant ils m’indiffèrent de n’être pas ceux de maintenant qui sont là au bord de mes lèvres. Ces mots tous chauds qui gonflent mon coeur comme pour un baiser d’amour pour toi Madame qui m’a écrite dans l’histoire de ta vie, pour cette ombre floue qui est moi et qui me rappelle nos tendres souvenirs, dans lesquels je reconnais la boucle de mes cheveux que ton doigt a formée. Comme un signe, notre signe.

Toujours après avoir aimé lire, j’aime relire encore, loin des phrases et des verbes pour laisser couler en moi doucement les images, les paysages, les êtres attachants, les histoires, les sentiments, les impressions, les sensations…et puis arrive le moment où tout se lie et cela devient une vie. J’invente les choses manquantes, je crée les détails qui me troublent, j’écris une suite dans ma tête et parfois même j’invite mon coeur dans l’histoire.  

Toujours après avoir été troublée, émue, j’aime écrire.

Mais là c’est toi que j’ai lue, ce sont tes mots dans lesquels je suis et qui sont en moi. Et je ne peux rien dire. Sauf à me prendre pour un souvenir vivant et remonter le temps d’un instant pour peut-être prendre la photo en noir et blanc. Mais c’est impossible : le futur est encore à écrire.

 

Je souris…

 

si belle si douce

si fragile

si femme

déroulant ses pétales

pour dévoiler la lumière de son âme

si longue à ne laisser

entrevoir que le soupçon de son secret

et si voluptueuse

drapée de tous ses voiles

ensorceleuse de l’œil

dans la blancheur du matin

 

si toi si ta peau

si tendre au dernier tableau

au dernier pétale

à la magie d’une photo

au noir et blanc

où tout devient blanc

à étreindre mon regard

de ta profonde chaleur

à la rosée de ton parfum

 

si fleur et si unique

si belle au jardin

si toi

et si fleur à la fois

 

Asl&


 

 

photo : Jeanne

 

par LTDS publié dans : au delà des mots...il y a...
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Dimanche 27 avril 2008

Aslé assise et il lui manque une dévotion, un épart à soulever, un état hybride à découvrir, une clé de suspension de courbes allégoriques à retrouver. Aslé assise c’est une image sans conversion, c’est un blocage neuronal, un enfermement sceptique…un calme plat proche de la certitude.

Aslé assise c’est comme si, il ne lui manquait plus que les larmes pour pleurer, c’est le trait d’union entre la mort et l’abandon, une fenêtre ouverte sur une prison.

Aslé assise c’est une position affreuse à me faire souffrir, c’est la cassure morphologique du moi de l’arbre plié en deux qui se couve les racines comme il peut dans l’impossibilité d’étendre ses doubles ramifications.

Alors que l’amour trépigne des jambes jusqu’à mes pieds grouillant de l’impatience à exulter.

Aslé assise c’est sans audace, c’est un miroir à néant, un trou décapité du firmament, un lugubre grouillement d’incertain, une momification qui se vit en meurtrissures de l’intérieur…et si elle continuait elle se ferait  peur.

Alors Aslé assise vous comprendrez c’est un silence qui se combat contre un insupportable moment à passer de ce qu’elle était.

Dans une tristesse, comme il faut bien souffrir pour après de nouveau pouvoir courir à son pas, à son âme.

C’est une musique aussi.

Heureusement.

Heureusement que tu es là. Toi ma Belle. Avec qui je danse ces moments de tristesse dans l’éclat feutré d’une voix.

Je t’aime et je l’écris à tous mes souffles de cette langue que je ne comprends pas mais qui me dit je ne t’oublie pas.

Alors je ne t’oublie pas et je me lève de la source à la mer…

La vie c’est un poème et c’est toujours le même de celui dont on ne se lasse jamais d’écrire parce que c’est soit le premier ou le dernier et que c’est aussi celui si fragile que l’on aimerait toujours garder comme une rose au creux d’un jardin.

photo de Jeanne

 

par LTDS publié dans : au delà des mots...il y a...
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