Il était une fois et tout ira bien se disait la princesse qui pédalait sur son vélo de campagne. Ca lui rappelait le massif central, la Bretagne, l’été 1976, sa première guitare pour son passage du collège au lycée, le goût du plastique de l’eau de sa gourde, les fleurs des acacias, son père et elle à l’arrière d’une voiture en train de boire des cannettes qu’ensuite ils balançaient par la vitre, elles rebondissaient et s’éloignaient au-delà des virages, et c’était beau à voir. Elle qui ne jetait jamais ses papiers de bonbons ailleurs que dans une poubelle et s’il n’y en avait pas, c’était la poche en attendant. Et même à la plage, elle mettait ses mégots de cigarettes dans une boîte d’allumettes. Mais voilà la maîtresse du cm2 n’avait jamais parlé de bouteilles en verre. La princesse souriait entre les gouttes de sueur qui perlaient de son front, devant elle, il y avait cette jolie blonde qu’elle commençait à rattraper (deux t un p), un club cycliste comme club de rencontres, mais pourquoi n’y avait-elle pas pensé avant ? Elle avait envie d’une bonne bière à partager, une chimay bleue ou rouge, bien fraîche, peut-être deux et ensuite courir aux toilettes. En rentrant ce soir chez elle, elle avait envie d’écrire sur son blog qu’elle avait embrassé Jessyca, son blog c’était son confident, son compagnon de route qui ne l’abandonnerait jamais.
Maintenant elle crachait ses poumons à l’arrivée du départ, Jessy quant à elle, était écarlate et puis elles se sont mises à rire comme deux gamines complices qui auraient fait un mauvais coup. Il n’y avait pas de chimay au bistrot du village mais la bière pression fut un délice après ce supplice, physique et de tantale…
La princesse souriait encore en faisant son rapport à son journal pas très intime en fait, le médecin avait bien fait de lui dire de faire du sport, elle allait ouvrir une nouvelle catégorie sur son blog : la vie d’une princesse qui renoue avec son corps et l’effort. La princesse souriait toujours et encore, il n’y avait pas eu de baiser, mais elle avait dix chiffres pour espérer.
C’est bon la vie ! (ndrl)

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