L.T.V

Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /Juil /2007 10:07

 

A la pointe d’un petit caillou blanc elle a dessiné un cœur qui entoure les initiales plus de l’amour alors l’autre main a glissé le sien à l’intérieur, côte à côte dans un seul dessin.

 

Elle avait les étoiles au bout du ciel lorsqu’elle s’allongea sur le sol, la seule étroitesse qu’elle pouvait encore prendre était celle de ses hanches car lui l’esprit s’était découvert en avalanche. Où pouvait-elle encore trouver le repos ? La solitude n’étant plus qu’un art idiot.

Elle avait à écrire sa vie de la pointe du stylo en lignes larges et fines et posséder toute la page. Ce besoin immense d’assouvir sa faim comme un corps désiré qui ne s’offrirait plus jamais.

En marge du soleil, elle savait qu’elle se mentait, que la souffrance s’invitait au désespoir du vide et que comme les cheveux, l’amour repousserait il suffisait d’être deux. Soudain elle eut la vision cauchemardesque de l’alopécie alors elle se reprit vivement en se rongeant les ongles car eux c’étaient un fait certain.

Caroline, puisque derrière la lettre C c’était elle qu’elle avait cachée, de cette troisième vie disparaissait.

L. aux petites fleurs bleues n’avait plus que les étoiles au bout des yeux et le soupir d’un cœur toujours amoureux.

PHOTO : ARS
TEXTE : Aslé

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Par LTDS
Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /Juin /2007 18:28
 

Je t’ai oubliée dans l’ascenseur je crois, en te regardant dans la glace, l’asymétrie de ta bouche, la distorsion des sons sous la fin de ton discours car je ne t’écoutais plus, la musique s’était tue. Il y avait des couleurs, des fleurs, des robes, des costumes clairs et des parfums de corps saturés de chaleur.  Il flottait tout ce que tu m’avais caché dans la phase de réveil dans le trouble de tout ce qui t’entourait. Cela aurait pu être bien plus net comme un coup d’épée tranchant dans le vif, un déchirement de larmes et de sang mais la troisième vie peuplée de nous deux se séparait comme elle était née en nous ressemblant de nous avoir aimées…trouble, troublée, troublante car les mots font mal à se décliner lorsqu’ils se conjuguent de pluriel en singulier et de temps en décomposé, c’est le manuel de ta grammaire qui me repasse dans l’âme en coulée de nuages mais je n’irai plus jusqu’au corrigé, je descends les pages et je t’ai oubliée dans le livre d’images, dans l’ascenseur je crois en te regardant dans la glace, tes lèvres perdues devenues muettes et tout autour la vie qui se réveillait et puis moi dans la glace qui te regardais les yeux perdus de me retrouver dans ce nouveau paysage.

Je t’ai oubliée dans l’ascenseur. Je crois.

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Par LTDS
Jeudi 17 mai 2007 4 17 /05 /Mai /2007 10:52

Journal intime de L.(1)

(1) Les prémices

 

A l’ombre du temple qui dort, au doux souffle de sa présence dans la nuit affaiblie, je porte en pensée la caresse de ma main sur son sein épanoui, Un rayon de soleil éclaire la chambre de mon amie mais c’est elle l’enchantement de la lumière qui m’envahit, elle dort me baignant dans une quiétude infinie. Elle est là si belle offerte à mes envies, et pourtant de simplement la voir ainsi me suffit à m’emplir de plaisir. Je ne l’avais jamais vu dormir.

Je sais déjà l’instant précieux, celui où elle ouvrira les yeux, celui où elle m’embrassera d’un regard m’enveloppant de chaleur.

Elle me regarde et je me sens si bien avec elle ici dans ce lit. Je lui souris de notre première nuit, je lui souris de l’avoir vue endormie, je lui souris de nos deux corps amis, je lui souris en la prenant tendrement dans mes bras pour lui dire tous les baisers à venir.

Le goût chaud de sa peau, de sa main qui m’entraîne. Elle m’embrasse en velours tout autour, et partout elle me suit, me parcours, je me perds dans ses courbes. Je porte la caresse de ma main sur son sein épanoui, sur sa peau je retiens mon désir, mes lèvres ont son parfum, mes doigts la respirent, je me glisse sous ses soupirs…et je ferme les yeux.

Le jour est là. Dans la chambre de mon amie, il fait un grand soleil mais je ne vois rien de tout cela. Sa tête repose sur mon cœur et je me noie dans la douceur de son bonheur. tee6.jpg

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Par LTDS
Mercredi 16 mai 2007 3 16 /05 /Mai /2007 10:50

Mot de L. à C.(1)

 

Ma douce,

 

Le premier cœur que j’ai tenu dans la main était celui d’une grenouille et il battait encore. Tous les autres ensuite étaient déjà morts.

Comment peux-tu donner un morceau de ton cœur ? Il faudra que tu m’expliques quand ça rentre et quand ça sort, quand la vie n’est pas un décor et quand près de moi tu dors alors que bat au fond de toi celui que tu partages en trois.

Pourquoi ne m’as-tu pas simplement dit que j’étais dans ton cœur ? Ce matin je serais partie rassurée au lieu de quoi ma tête s’emplit de questions que je te pose, que je me pose, que je nous pose. Et d’abord dans les parts de moi en toi, comme celle de nous et celle de vous. Je me sens ridicule dans cette autopsie demandée car je ne saurai rien lire sans pouvoir voir et toucher. En plus je n’ai aucune envie que tu te tritures pour moi et que viennent par ma faute se rompre des ponts dans ton élan pour me répondre.

Alors…alors ne réponds pas car vendredi j’apporterai un bordeaux et nous tannerons nos veines de vive voix…

 

Je t’aime

 

Réponse de C. à L.(1)

 

Pas vendredi je pars à Rochambeau dans l’imprévu. Tu es dans mon cœur tu le sais. J’ai eu une expression idiote. Je t’appelle à 15h17. Amour

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Par LTDS
Vendredi 11 mai 2007 5 11 /05 /Mai /2007 18:17

La deuxième vie(1)

 

Une nuit d’été glacé perdue au fin fond de la soumission, le corps serré contre l’autre, avec pour seule chaleur celle d’un radiateur à respiration momentanée. Les mots se rongent entre eux, c’est l’hiver avant l’automne, un soleil mort d’avoir brillé trop fort. Un survoltage qui a eu raison de l’allumage, tout est grillé. Il n’y a plus rien qu’une nuit d’été glacé.

Les chemins du cœur sont verglacés, le corps bleui de chutes de s’être relevé encore et encore. C’est la fin. Les mots quittent la cage pansés d’hideux bandages, ils béquillent jusqu’au port le plus proche pour prendre le dernier radeau.

Sur l’eau flottent des morceaux de vie qui brillent dans le silence alors commence l’étrange danse de l’oubli. Les pensées vagabondent du plus loin qu’elles puissent se souvenir, elles puisent, épuisent tout ce qu’elles peuvent trouver, en requins nettoyeurs des profondeurs, elles avalent à pleines dents les meurtrissures du temps. Mal.

Une nuit sans fin se lève sous le regard de la lune sanguine, les étoiles ont abandonné l’espace. Le vaisseau noir surplombe le radeau, non ce n’est pas un cauchemar. C’est la deuxième vie.

Des cris s’éclatent en pics s’immisçant par tous les orifices,  la peau supplie d’elle-même à sortir de son supplice, c’est la torture d’écrire.

Mais le feu de défi grondant à l’intérieur ne cesse l’appel de l’air jusqu’à ce que viennent pour l’éteindre : les pleurs refroidis.

Le radeau tangue, prêt à chavirer dans l’eau salée, des bras fantômes de sirènes hurlantes se tendent pour le happer. L’océan est un lac de pièges gelés, la mer le mirage du reflet du sang écoulé. La deuxième vie avance dans son commencement. Tout est brouillé des cartes retournées, la route est invisible, les plaies saignent de l’encre…

Et puis un jour : c’était un an, une année écoulée hors du temps. L’approche du frisson d’un nouvel été, une côte qui se dessine si éloignée, un soupçon de vent, un air de rien dans le voilage, une roue libre qui se met à tourner, quelque chose en dehors qui appelle. Une chose. Sans forme. Sans mot. Sans état. Juste là, à l’infini de toucher. Moi.

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Par LTDS

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