Rêves et cauchemars

Samedi 8 octobre 2011 6 08 /10 /Oct /2011 17:58

Il faut dire qu’à chaque fois qu’on se dit bonjour, j’ai toujours l’impression qu’on va s’embrasser sur la bouche. Je ne sais pas si c’est elle ou si c’est moi. Mais c’est un véritable ralenti qui s’opère pour ne pas atterrir ailleurs que sur la joue.

Elle a des jambes que je n’avais jamais remarquées (purement érotiques, je ne vois pas mieux pour dire) et ça fait quinze ans qu’on se connaît quand même !

Et puis cette nuit j’ai rêvé d’elle, elle me coupait les cheveux, les coiffait et c’était doux, doux…doux…ensuite…(je sais c’est moins « glamour » mais c’est mon rêve), elle me retirait du coton des oreilles avec une tige et je me disais : c’est pour ça que je ne comprenais jamais rien.

Elle devait rejoindre sa caravane (dans la réalité ce n’est pas du tout le genre de personne à résidence secondaire déplaçable, plutôt à avoir un parking à vie à Orly) à 70 km de chez elle (oui comme par hasard en calcul j’en suis là avec les petits) mais elle hésitait, ferait-il beau ou pas ? Ensuite, comme dans le rêve précédent, je me retrouvais allongée, rampant, mais il n’y avait plus le petit hélicoptère miniature téléguidé qui lançait des fusées comme à New York, non il y avait des jeunes filles qui passaient en bicyclette…

Et cet « amour » de chat s’est mis à gratter à la porte, j’étais frustrée, même pas un tout petit baiser en rêve. J’avais aussi oublié mon appareil photo et pas eu le temps de m’acheter ce short, ni de demander à la femme du docteur français qui vivait à Manhattan, le nom de ses plantes vertes dans cette véranda face à un immense mur qui faisait tant déprimer son mari.

 

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Par Asl&
Jeudi 5 mai 2011 4 05 /05 /Mai /2011 05:23

 

 

 

je me retourne dans le fond de mes yeux

je me détourne à 360 degrés des nuages noirs

j’arrive sur une plage où la mer est partout

 

mais je ne sais pas encore que c’est  une île

 

je le sais seulement maintenant en  écrivant

 

 

j’ai peur parce que c’est trop beau

parce que je ne sais pas si j’aurai la force de repartir

parce que je ne comprends rien aux personnes qui m’entourent

 

tous ces souvenirs déguisés

 

ces amis

 

cette famille qui n’en est pas une

 

 

leurs cheveux noirs qui se ressemblent

la sorcière et son fils

leur repas de bonbons et de poissons

tout ce que je déteste

et moi qui crie sans qu’on ne m’entende jamais

 

j’essaie de hurler que je suis en vie

 

que mon demain n’est pas préparé

 

la minaude me miaule à l’oreille

je ne veux pas quitter ce rêve comme ça

je veux changer la fin

alors à bout de tendresse elle saute sur le lit

et se joue de moi encore endormie

griffant chaque mouvement de mon corps

 

 

je me lève sous la douleur d’une réelle  piqûre

 

toute cassée de cette nuit

 

mais tellement bien de me sentir vivante

 

comme l’étrangère d’un nouveau jour…

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Par Asl&
Mardi 22 mars 2011 2 22 /03 /Mars /2011 18:58

 

 

C’était une énorme fête, à minuit le soleil n’était pas encore couché, il faisait jour comme à trois heures de l’après-midi en plein été. Mon premier souvenir à l’aube, parce qu’elle était restée collée à moi tout au long de l’histoire, fut les baisers de la nièce d’un collègue.

J’ai revu tout le monde, sauf le fils de l’amiral, peut-être parce que je ne suivais pas le carême et qu’il était avec jésus…Ah ! Mais si il était là, à la fin lorsque le brasseur était venu reprendre tous les verres, lorsque mes anciens élèves toutes générations confondues m’offrirent des cartes décorées de gommettes… « Mon frère retrouve la voiture, je déménage… ».

Ma mère était là aussi, ses frères, ses soeurs, elle ne se souciait pas de moi, elle était heureuse. Je parlais avec sa grande soeur. Il y avait tous mes cousins et leurs enfants…

Et cet idiot de chat qui est venu gratter à la porte… « Réveille-toi, j’ai faim moi ! »

  

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Par Asl&
Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /Mars /2010 18:32

 

Elle lui disait : et si nous allions faire un tour en bateau, une de ces embarcations d’eau douce, sage si sages dans ce paysage un peu loin, mais pas trop, nous ne rentrerons pas trop tard puisque demain, c’est  le premier jour. Alors elle souriait, elle savait qu’elles rentreraient tard, puisqu’elle était là, déjà là, les doigts doux sur sa joue.

Elle allait avoir un bébé, et c’était complètement irréel, les faire-part de naissances se dressaient en paquets, tous timbrés mais les cartons étaient blancs. C’était bientôt sûrement, elle savait mieux qu’elle ce qu’elle avait dans le ventre. C’était elle qui avait ce drôle de bonheur, cette fierté, mais elle c’était qui ? Elle ne ressemblait pas à la promenade sur l’eau, elle n’avait pas ses gestes de douceur, ni les yeux pétillants de rire. Non, elle, elle ne l’aimait pas, pas même puisqu’elle ne se posait pas la question. Elle était ces deux mains avec tous ces timbres collés sur le vide, sans visage et sans voix.

Elle aurait tant aimé ce voyage en bateau, un peu comme les îles du Glénan, même si cela n’avait rien à voir, rien à voir d’autre qu’un grand désir laissé en suspens, ce passé d’une autre qui n’avait pas le pied marin.

Comme les rêves peuvent être doux et amers qui me donnent le matin ce drôle de sourire que le jour qui se lève efface peu à peu, mais jamais entièrement, comme une ride… 

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Par LTDS
Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /Jan /2010 18:37

…des ordres de rêve

 

A chaque silence suivait son âme, les pas sortaient du brouillard, le cor des mots tirait la brûme et je rêvais.

 

Le train était large, un tropisme en soi, il n’allait pas vers l’avant mais sur les côtés et c’était là que je marchais sur des passerelles scabreuses, tortillant mon corps pour enjamber des bassins d’eau bouillante. Des hommes parlaient haut et fort de la grippe qui clouait un bateau qui clouait tout le port souterrain. Je me demandais si j’étais encore dans le train. En tout cas je n’allais pas tomber, d’ailleurs la barrière incandescente de la passerelle ne m’avait pas brûlé le bras,  il ne pouvait rien m’arriver, même pas de sourire pour que je perde l’équilibre. Sourire au petit homme qui m’avait pincé les fesses de l’autre côté du train, tout à l’heure derrière la porte du sas blindé qui devait ouvrir comme sur un tripot clandestin.

Tout avait commencé allongée sur une couchette étroite. J’étais arrivée près d’elle. Tout était si normal, nos orteils s’emmêlaient, les longs peupliers passaient à gauche. J’étais pieds nus et mes pieds n’étaient plus seuls.

A droite une cloison de fer avec un énorme bouton, un écran de contrôle éteint et une trappe à moitié ouverte …et devant, une largeur d’espace, des personnes, quatre ou cinq profondément éloignées mais qui parlaient entre elles.

Un garçon à la poitrine coffre-fort soudain demanda qui voulait un thé, il se mit à compter, et un café… quatre alors, et moi je tirais ma main, écartant tout mes doigts : CINQ. Il appuya sur le bouton, un homme sortit de la trappe avec un plateau…et ce fut là que tout commença à partir sur les côtés.

D’abord à droite… dans le sordide que je parvins à fuir après que le petit homme m’eut offert une fiole de parfum que j’avais déjà refusée, en mémorisant au départ l’envers des couloirs éclairés par une porte ouverte sur une salle d’eau, pour être certaine de retrouver le train, de retrouver le début de l’histoire.

La couchette à mon  retour avait une voisine sur le côté face à l’avant du train et puis deux autres en haut dont la toile pendait.

Les jeunes demoiselles du train avec une queue de cheval et un oeil bleu ciel arrivèrent d’une voix douce et nous poussèrent tous dehors, sauf le petit homme bien sûr, pour l’arrêt obligatoire du train car c’était l’heure du changement des toiles. Je n’allais jamais connaître la couleur des fleurs des nouvelles toiles et j’étais triste. A mon retour, il n’y avait plus que des fauteuils en vis-à-vis du train que je n’avais pas perdu. Et j’embrassais et j’embrassais un visage, un nez, et des cheveux qui riaient, et  qui disaient c’est moi…c’est moi…c’est moi à l’infini….

Le petit homme revint avec son parfum d’une main et de l’autre un billet nasillant : c’est vingt euros. Je plongeais dans le bleu du billet, je n’en voulais pas de son flacon.

Alors je partais, je passais à gauche. Après un pont, un homme tronc était là en statue, grave, sans parole, comme un immense panneau ouvrant sur une ville qui n’était absolument pas pour moi, qui m’effraya tant que je rebroussai chemin et descendis au port souterrain…C’est là que j’ai perdu le train, à cinq heures dix quand France culture s’est allumée pour me réveiller…

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Par LTDS

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